Archives de catégorie : Statistiques

Actualités : les chiffres de la rentrée et l’enquête PISA

Les chiffres de la rentrée

On constate  pour la rentrée de 2025 une situation qui s’inscrit dans la logique des années précédentes [1] :

La hausse du privé de l’an dernier ne s’est pas confirmée et l’ensemble diminue toujours d’un demi-point de pourcentage chaque année. Le privé est à 18,8% (contre 19,6% l’an dernier), le public à 12,6% et l’ensemble à 14,0%.

Je rappelle que le parallélisme des évolutions entre le public et le privé vient du fait que ce sont les mêmes origines sociales très favorisées et favorisées qui font faire du latin à leurs enfants (64,6% selon RERS 2026) et que proportionnellement elles sont plus nombreuses dans le privé. Comme on l’a pu précédemment [2], on constate un désintéressement de ce groupe social pour le latin tant dans le public que dans le privé.

Lycée

Pour l’ensemble public et privé, il n’y a qu’un petit nombre d’élèves qui poursuivent l’enseignement du latin : 2,6% en seconde ; 2,3% en première et 2,0% en terminale.

Capes : session de 2026

Source  : résultats du Capes 2026

On observe pour le concours 2026 une remontée tant des postes mis au concours que des candidats et des admis, mais cette évolution est due au fait que cette année 2026 et l’an prochain en 2027, correspondent à une situation transitoire : au Capes à bac+5 est en train d’être substitué un Capes à bac+3 dans le but d’améliorer l’attractivité de la profession.

L’an dernier il y avait 68 postes ouverts (60 au Capes externe, 8 à l’interne). Cette année, il y en a 86, dont 40 pour le concours à Bac+5, 40 pour le concours à Bac+3 et 6 pour le concours interne. Cette augmentation des postes de 26% se retrouve d’une manière similaire, par exemple en mathématiques, avec 1355 postes proposés en 2025 et 1725 en 2026 soit une augmentation de 27%. Il s’agit d’une situation transitoire pendant laquelle les candidats du concours Bac+5 peuvent se présenter à celui de Bac+3, au programme moins académique, ce qui entraine une augmentation des présentés et des admis.

L’enquête PISA

Les derniers résultats de l’enquête PISA ont entrainé des grands titres dans la presse quotidienne du 9 septembre :

Le graphique mis en première page par Le Monde montre bien que le décrochage des élèves n’est pas spécifique à la France mais concerne l’ensemble des pays de l’OCDE. Les deux journaux mettent cause les réseaux sociaux :

Le Figaro Vox du 12 septembre donne la parole à l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer :
« Les évolutions civilisationnelles et sociétales du monde, sous l’effet en particulier de l’invasion des écrans, conduisent à une baisse de la capacité de concentration, à un affaiblissement de la lecture et de l’activité physique, notamment après l’âge de 11 ans, dans le monde entier ».

Dans Le Monde du 11 septembre Michel Guerrin, rédacteur en chef du journal déclare que la cause n’est pas politique mais liée à « la chute durable de la lecture. L’Internet et les réseaux sociaux vampirisent le temps disponible des enfants. Quant aux parents, chaînon essentiel, eux-mêmes lisent beaucoup moins, donc ne lisent plus à leurs gamins, perdant leur mission de garde-fou. C’est logiquement à peu près la même chose partout en en Europe ».

Le Ministère propose sa propre interprétation dans un dossier de presse [3] :

1) Usage des réseaux sociaux (p.7)

2) diminution du suivi de la scolarité par les parents (p. 8)

Pour redresser la situation, le Ministère donne un certain nombre de pistes dont certaines sont déjà en cours ou à venir : l’interdiction du portable au lycée et le désir d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15.

Mais, comme le signalait (dans l’article déjà cité) le rédacteur en chef du Monde, « Ordinateurs et tablettes sont devenus des outils pédagogiques, le cahier de correspondance a été remplacé par des liens numériques. Des responsables politiques ont financé un mouvement concret et commode ».

***

Après l’avoir vécu pour le numérique, nous allons probablement avoir un phénomène analogue d’attirance pour les nouvelles technologies (suivi par une répulsion) avec l’Intelligence Artificielle comme nous le verrons dans un prochain billet.

  1. Voir RERS 2026 en ligne, p. 135 [↩]
  2. La population des latinistes : de la réforme de 1902 à aujourd’hui (suite) [↩]
  3. https://www.education.gouv.fr/sites/default/files/document/pisa-2025-une-baisse-des-r-sultats-commune-l-ocde-un-rel-vement-poursuivre-520338.pdf [↩]

Rentrée 2023, spécialités, Capes 2024 et un livre à lire

A la rentrée 2023 l’évolution des chiffres en première année de latin a été la suivante  [1] :

Depuis 2008 on voit que public et privé évoluent de la même manière avec une baisse de 0,5% par an pour l’ensemble. La situation actuelle est de 19,2% pour le privé, 13,9% pour le public et 15,1% pour l’ensemble. Continuer la lecture de Rentrée 2023, spécialités, Capes 2024 et un livre à lire →

  1. Sources RERS 2024 Direction de l’évaluation, de la perspective et de la performance, en ligne [↩]

La population des latinistes : de la réforme de 1902 à aujourd’hui (suite) 

Après avoir étudié la comparaison entre le public et le privé, je reprends (avec davantage de précision) l’étude de la population des latinistes avec la perspective d’examiner leur origine sociale. J’examinerai donc en premier lieu la population des bacheliers classiques qui peuvent être séparés des bacheliers modernes pendant toute la durée où il y a eu une première partie du bac, c’est-à-dire de 1904 à 1964. Dans une deuxième partie temporelle j’étudierai la population totale des latinistes à partir des sources de l’Éducation nationale.

Le latin à la première partie du bac (1904-1964)

Sources : Baccalauréat de l’enseignement secondaire, Statistique des épreuves, 1904-1913, Archives nationales F/17/*/2431 et Annuaire statistique de la France 1966 Résumé rétrospectif, p. 143-144 (En ligne) Continuer la lecture de La population des latinistes : de la réforme de 1902 à aujourd’hui (suite)  →